ENTRE DOIS MUNDOS

-Mulher e homem , cúmplices do oceano …-

De l'Histoire racontée à l'Histoire inscrite
Alexandre Nobre Pais
Directeur du Musée National de l'Azulejo de Lisbonne

La mer et ceux qui en tirent leur subsistance constituent des éléments centraux de la région d'Ovar ; il n'est donc pas surprenant que cette thématique trouve un écho dans le travail développé en azulejo par O Gringo. La proposition de cet artiste d'utiliser la photographie imprimée sur carreaux offre une approche différente de celle à laquelle nous sommes habitués, tout en s'inscrivant pleinement dans cette forme d'art pluriséculaire — plus de cinq siècles d'histoire — en y intégrant des caractéristiques propres aux langages contemporains.

L'usage de la photographie, des logiciels de composition numérique et de l'impression sont autant de techniques qui ont transformé notre manière de percevoir l'Art au cours des dernières décennies. Dans ses œuvres, un paradoxe intéressant apparaît : l'application des azulejos dans l'espace architectural, leur destination première, suggère l'idée que ces revêtements constituent une sorte de peau ou de tatouage des bâtiments. Chez O Gringo, les motifs d'azulejos surgissent sur la peau des modèles, évoquant des tatouages qui répercutent cette idée, démontrant que la beauté de ces ornements peut aussi habiter les corps — lesquels deviennent eux-mêmes porteurs d'un récit.

Parmi les artistes contemporains qui explorent l'azulejo et proposent de nouvelles voies à partir de références historiques, O Gringo est celui qui se rapproche le plus d'une conception narrative héritée du Baroque. À la fin du XVIIe siècle, et surtout dans la première moitié du XVIIIe siècle, l'azulejo acquiert une dimension descriptive, parfois d'une grande complexité iconologique, construite comme une succession de scènes formant un récit. Cette approche implique une participation active du spectateur, appelé à interagir avec l'image pour en comprendre le message pictural.

O Gringo reprend ce principe en adaptant chacune de ses compositions à une histoire, parfois associée à des sonorités enracinées dans le Fado. Il s'agit de récits d'amour que la mer unit mais sépare aussi, de destins liés à l'océan — dimensions qui trouvent à Ovar un lieu privilégié pour être racontées et perpétuées.

Dans cette exposition, les œuvres dépassent la simple figuration. L'artiste projette des éclaboussures — référence à Jackson Pollock — qui insufflent, au-delà de la représentation figurative immaculée, une dimension plus dynamique et vitale issue du street art, origine esthétique de son parcours. À travers ce mouvement, nous percevons que sous la surface paisible des visages, des corps et des mains, des émotions et des tensions vibrent, animant les personnages représentés.

Cette intervention picturale rend la présence de l'artiste palpable : son agitation, son inquiétude, un sursaut qui nous pousse à regarder au-delà de la beauté évidente des images. Comme le dit le proverbe, « l'eau qui dort est profonde ». Sur la surface des corps, où se reflètent les azulejos de la région et les scènes du quotidien maritime, s'exprime une quête — la recherche d'une direction, d'un « nord » ponctué par la rose des vents, un regard tourné vers le bateau qui permet le départ ou le retour.

Et, comme toujours dans les récits construits par O Gringo, la Femme tient le rôle central. Elle est la protagoniste à partir de laquelle l'histoire se déploie. Aucun panneau n'exprime mieux cet enjeu que celui où l'ovarina apparaît dans l'ombre — la femme d'Ovar dont la vie est liée à la mer et qui a donné naissance au terme « varina ». Celles dont l'existence est tissée de labeur constant et d'amour pour les parents, les frères et sœurs, les enfants et les êtres chers qui partent — et ne reviennent pas toujours.

Ce sont elles qui maintiennent la famille dans l'absence et la partagent dans la présence, enracinées dans une vie exigeante que la mer ne plie pas, mais renforce dans la routine et la douleur.

La vision d'O Gringo nous offre une beauté archétypale — celle qui subsiste au-delà de l'usure infligée par la mer, le sel, le sable, le vent et le soleil. La beauté de caractère de celles et ceux qui affrontent les éléments, l'adversité, et vieillissent tout en restant jeunes.

Leurs histoires acquièrent ici, dans ces panneaux d'azulejos, non pas la logique d'un document, mais une dimension épique qui leur restitue leur grandeur héroïque — celle des figures que l'Histoire retient, toujours jeunes et belles dans notre imaginaire, indomptées face aux épreuves, telles qu'O Gringo les représente et les immortalise.

Disponible à…

O poder 180 cm x 120 cm
O poder 180 cm x 120 cm


Ela 120 cm x 120 cm
Ela 120 cm x 120 cm
Visto no horizonte - 120 cm x 120 cm
Visto no horizonte - 120 cm x 120 cm
A VARINA - 105 cm x 75 cm
A VARINA - 105 cm x 75 cm
Força e Poder
Força e Poder
Conexão
Conexão
O pescador 3 - 135 cm x 105
O pescador 3 - 135 cm x 105
contra o seu coraçao
contra o seu coraçao
 Opoder 2 - 120 cm x 240 cm
Opoder 2 - 120 cm x 240 cm
O salmonete-  45 cm x 60 cm
O salmonete- 45 cm x 60 cm
O atum - 45 cm x 60 cm
O atum - 45 cm x 60 cm
Garoupa - 60 cm x 60 cm
Garoupa - 60 cm x 60 cm
 O peixe  escorpião - 60 cm x 60 cm
O peixe escorpião - 60 cm x 60 cm
Girel -  30 cm x 60 cm
Girel - 30 cm x 60 cm
Sardinha - 30 cm x 60 cm
Sardinha - 30 cm x 60 cm